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Tous dans le monde reconnaissent le beau comme beau ; ainsi est admis le laid.


Tous reconnaissent le bien comme bien ; ainsi est admis le non‑bien.


En effet : l’Être et le Non‑être s’enfantent l’un l’autre ; le difficile et le facile se complètent l’un l’autre ; le long et le bref sont formés l’un de l’autre ; le haut et le bas se renversent l’un l’autre ; les sons et la voix s’harmonisent l’un l’autre ; l’avant et l’après se suivent l’un l’autre.

 


 

Commentaire de Duyvendak


En modifiant quelque peu une correction de Ma Siu‑louen, je transporte une phrase (« C’est pourquoi le Saint se tient », etc.) qui, dans le texte traditionnel, suit la phrase : « avant et après se suivent l’un l’autre », à la fin du ch. XLIII et le reste du chapitre, à partir de : « Elles produisent mais ne s’approprient pas, à la fin du ch. LI où il est en partie répété. Voir les notes sur ce chapitre.


Je traduis par « le monde » l’expression chinoise t’ien‑hia (18), littéralement « ce qui est sous le ciel ». Elle désigne tout le monde civilisé connu des Chinois. Dans le sens politique, elle indique l’unité de tous les États vassaux sous une seule autorité, unité qui fut recherchée au cours du 3e siècle avant J.‑C. et réalisée en 221.


Dans plusieurs passages de Tao‑tö-king, il est question de cette unité politique ; il faut alors comprendre l’expression t’ien‑hia comme un terme technique : « l’empire », dont je me sers donc, faute d’un autre mot, avec un léger anachronisme, la vraie fondation de l’empire ne datant que de 221 avant J. C. Toutefois, pour ne pas encombrer ma traduction d’une circonlocution lourde comme « tout ce qui est sous le ciel », je me sers souvent, sous toute réserve, de la traduction « le monde » qui, du reste, est assez satisfaisante dans le contexte de ce chapitre.


Le thème de ce chapitre a besoin de peu d’explications. Il poursuit l’antithèse « Être -Non‑être » du premier chapitre. Sur tous les tons on répète que les notions contraires sont postulées l’une par l’autre, puisque, dans la Voie, tout est relatif.




 


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