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Quelques mots sur la politesse Chinoise (extrait)


Père Simon Kiong

Mission Catholique, Orphelinat de T’ou-sé-wé, Chang-hai, 1906

 

 

Des Salutations

 

1. On distingue six sortes de salutations.



P3--Tso-i-et-Kong-tcheou



2. La première kong-cheou, consiste à élever l’extrémité des manches à la hauteur du front, de la bouche, ou au moins du menton, selon le degré de respect dû à la personne que l’on salue, les deux mains restant soigneusement cachées dans les manches. Ce p.6 salut n’est employé qu’envers les égaux, et encore n’a-t-il lieu que dans les circonstances moins solennelles, et, pour ainsi dire, de chaque moment. Cependant, quelquefois la règle souffre exception ; à table, par exemple, le serviteurprésente-t-il du vin à un hôte, même supérieur en dignité au maître de la maison, celui-ci ne lui fait de loin que ce salut, quoique toujours il doive le faire debout. (Pl. III.)



p-4-visiteur-et-maître-de-maison



3. La seconde fou-cheou qui n’est une cérémonie que dans le sens moins strict de ce mot, consiste en une inclination de tête, accompagnée d’un léger mouvement des épaules. Elle ne peut être employée qu’envers les égaux et les inférieurs ; un supérieur la p.7 fera, par exemple, lorsqu’il doit, à son passage, rendre un salut à des inférieurs qui lui font le sou-li ; car alors il est libre de faire le kong-cheou ou le fou-cheou. (Pl. IV.)


4. La troisième salutation consiste en une révérence nommée sou-li. Elle consiste à rester debout, immobile, la tête un peu inclinée en avant, et les bras pendants. On l’emploie pour ses supé­rieurs, auxquels il n’est point permis d’adresser les deux premières espèces de salutations kong-cheou et fou-cheou. (Pl. V.)


 

p5-Suo-li-et--ta-K-eou



5. tso-i, autrement dit ta-kong, consiste à courber le corps à peu près à angle droit, de sorte que les deux mains, p.8 complètement cachées sous les manches, se rencontrent et s’unissent à la fin de cette révérence, un peu au-dessous des genoux ; cela fait, on élève les manches à la hauteur des sourcils, en même temps qu’on se relève ; puis, en les rabattant tout doucement, on les sépare et on les laisse pendre d’une manière naturelle. (Pl. III, VI.) Cette salutation peut être employée pour tout le monde, ses propres parents exceptés. C’est pin-tchou li, cérémonie entre visiteur et maître de maison,qui peut être employée même par un élève envers son maître dans les relations ordinaires. Au nord, les plus grossiers paysans la font entre eux, n’y eût-il qu’un seul jour qu’ils se fussent rencontrés. (Pl. IV.)


6. p.9 La cinquième espèce de salutation ta-k’eou, est une simple génuflexion ; elle n’est employée, paraît-il, que par les serviteurs, tels que les eul-yé par exemple, envers leurs maîtres. Plusieurs affirment néanmoins qu’elle est faite aussi par les mandarins inférieurs (les sous-préfets, par exemple) envers quelqu’un des grands supérieurs directs (Tao-t’ai, Fan-t’ai), lorsqu’ils font le ts’ing-ngan (sou­haiter le bonjour). Les Européens n’ont pas à en faire usage. (Pl. V.)



P6-K-eou-t'eou-et-Kioa-pai



7. Enfin la sixième manière de saluer est une prostration dite ki-cheou, ou k’eou-t’eou. Elle consiste tout d’abord à s’agenouil­ler à terre, puis à élever les deux manches jointes à leurs extrémités, p.11 avec les manchettes ma-ti-sieou rabattues, à la hauteur de la tête, qui s’abaisse alors profondément sans toucher cependant le sol. On relève enfin la tête, en séparant lentement les deux manches. (Pl. VI.) Cette révérence, la plus grande de toutes, est réservée pour des person­nes déterminées et des circonstances tout à fait solennelles. Elle se subdivise en plusieurs classes.


8. La première est celle qui est réservée à l’Empereur en personne tch’ao-kien, ou à sa tablette pai-p’ai. (Pl. X. et Pl. XI.) Elle se fait encore, quand on entend lire quelque ordonnance impériale tou cheng-tche (Pl. XII.), ou quand on fait la cérémonie dite pai-tseou-tché (salut pour l’envoi d’une supplique à l’Empereur). Elle consiste en neuf prostrations consécutives, après chacune desquelles on doit se relever. Cependant, quand on entend lire l’annonce de la mort de l’Empereur et de l’Impératrice, on ne fait, paraît-il, que [] ; c’est-à-dire, qu’on fait trois prostrations, et à chacune d’elles, trois inclinations de tête profondes. (Pl. XI.)


9. La deuxième classe de k’eou-t’eou se compose de quatre prostrations distinctes. Le nouveau marié emploie cette salutation, qui constitue le rite essentiel du mariage civil, tant pour adorer Dieu, s’il est chrétien pai-t’ang (Pl. VII.), que pour saluer son épouse kiao-pai. (Pl. VI.) J’ai dit, le nouveau marié : car la femme de son côté, ne fait dans chacune de ces deux circonstances qu’une prostration avec quatre inclinations de tête (En cette cérémonie du mariage civil, les époux païens font le salut, tournés vers le sud. Les chrétiens au contraire regardent le nord, ou plutôt, l’autel ou la table sur laquelle ils ont placé un Crucifix ou une autre image religieuse).



p7-Rite-du-mariage



10. La troisième classe consiste en une seule prostration avec quatre inclinations de tête : c’est ainsi qu’un fils doit saluer son père et sa mère dans certaines circonstances ; par exemple, au premier jour de l’an pai-nien (saluer l’année, Pl. VIII.) ; au jour anniversaire de leur naissance pai-cheou (saluer la longévité. Pl. IX.) Dans cette dernière circonstance, toutes les personnes qui viennent prendre part à la fête, doivent faire le même salut devant le caractère cheou, longévité. Cette prostration est encore employée par les enfants nouvellement mariés, qui demandent des instructions à p.13 leurs parents ts’ing-hiun ; enfin par les élèves et par les apprentis qui saluent pour la première fois leurs maîtres ou leurs patrons pai sien-cheng ; pai se-ou.



P8-Nouvelle-année



11. La quatrième est une prostration suivie de trois inclina­tions de tête seulement : c’est le t’ing-tsan-li (cérémonie du salut officiel à un supérieur), qui se fait lui-même de deux façons, suivant qu’il est suivi, ou non, de trois tso-i. Les préfets, sous-préfets etc. quand ils visitent le vice-roi et le gou­verneur, font les trois tso-i ; tandis que les mandarins tout à fait inférieurs, que l’on appelle cheou-ling tsouo-tsa koan (employés supérieurs ou inférieurs), n’ont pas le droit de faire les tso-i devant ces supérieurs, non plus du reste qu’ils n’ont celui de s’asseoir en leur présence.


12. La cinquième espèce de k’eou-t’eou consiste en une seule prostration suivie d’un tso-i. C’est ainsi que l’élève salue son maître dans certaines circonstances solennelles, à l’exception toutefois de celle dont il a déjà été parlé plus haut. Il paraît que les mandarins d’égale dignité et unis d’amitié, s’adressent mutuellement ce salut dans des circonstances plus solennelles, et quand ils se revoient après une longue absence ; ils se tournent alors tous deux vers le nord.



P9-Fête-de-70-ans


… la suite une autre fois…



 



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