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Tai Chi Chuan Bruxelles / article 24


Xu Guan 15ème

 

Xu Guan (18ème siècle)

 

 

 

La traduction des images érotiques dans un conte de Zhou Qingyuan

Solange CRUVEILLÉ, Aix-Marseille Université


On vous propose ce texte savant et croustillant car c’est le printemps et qu’il faut en profiter. On remercie donc Solange Cruveillé à laquelle on n’a rien demandé mais tant pis. On est content de savoir qu’on ne s’ennuie pas trop dans les universtités françaises pendant les colloques.

 

Toujours du même auteur nous avons depuis publié sur le site un autre article  « Les sentiments contradictoires des démones renardes dans la littérature chinoise » : cliquez sur le lien…

 

De Solange Cruveillé nous vous conseillons la lecture de « Les renardes par l’une d’elles« , texte venant en suite de « Galantes Chroniques de Renardes Enjôleuses, Farce féerique, érotique et morale des Qing »,traduite par Aloïs Tatu, présentée et annotée par Pierre Kaser au Editions Philippe Picquier (Arles), 2005, 167 p.


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Nous nous proposons aujourd’hui de présenter un conte de la Deuxième collection du Lac de l’Ouest西湖二集, recueil de contes chinois en langue vulgaire compilé au XVIIe siècle par Zhou Qingyuan 周清源. Toute la difficulté concernant la traduction de ce conte consiste à rendre en français les nombreuses images érotiquestout en restant près du texte et tout en gardant un style élégant. Après une brève présentation du recueil, nous donnerons quelques clés pour comprendre le langageérotique chinois classique tout en suggestions et en métaphores, en nous appuyant sur des exemples de traduction. Cela nous permettra de débattre des différents choix possibles et des problèmes concernant la traduction d’images littéralement traduisibles mais qui s’avèrent intraduisibles pour tout traducteur qui souhaite rester fidèle au style d’un auteur, d’une époque et d’un genre littéraire.


Présentation


Zhou Qingyuan周清源est un auteur chinois du XVIIe siècle. Son nom d’origine est Zhou Ji 周楫, mais il prendra plus tard le nom littéraire de « Qingyuan » 清源, « la Source Claire ». Il est originaire de la ville de Hangzhou, située dans la province chinoise du Zhejiang, d’où l’appellation littéraire qu’il s’est lui-même donné de « Maître de Wulin », Wulin étant l’ancien nom de Hangzhou. Il aurait exercé le métier à l’époque méprisé d’acteur et d’auteur d’opéras. Les principaux éléments dont nous disposons concernant sa vie sont les informations contenues dans la préface de son oeuvre la plus célèbre : le recueil de contes du Lac de l’Ouest, en chinois « Xihu erji » 西湖二集 (littéralement « Deuxième collection du Lac de l’Ouest »).tai chi chuan

Ce recueil comporte 34 histoires moyennement longues (environ 6000 caractères dont les intrigues se déroulent la plupart du temps dans les environs de Hangzhou et du Lac de l’Ouest西湖, célèbre site de la province du Zhejiang. Su Changgong 苏长公 écrira d’ailleurs : « Le Lac de l’Ouest est à Hangzhou ce que la physionomie est à un homme » (Hangzhou zhi you xihu, ru ren zhi you meimu ye 杭州之有西湖, 如人之有眉目也). Les principaux thèmes abordés sont le surnaturel, la piété filiale, la jalousie et l’érotisme, avec des histoires qui mettent en scène de hauts fonctionnaires, des lettrés, des paysans ou des moines. Le recueil est digne d’intérêt pour les lecteurs actuels car il permet de mieux connaître la société chinoise de l’époque, ses moeurs et ses principes.tai chi chuan


Le conte que nous nous proposons d’étudier aujourd’hui se trouve dans le chapitre 21 de la Collection du Lac de l’Ouest intitulé « Le fils de la renarde » 假邻女诞生真子, chapitre qui comporte plusieurs anecdotes, deux contes d’introduction et un conte principal. Chaque histoire a pour thème central la passion – mais aussi l’illusion – amoureuse avec des esprits-renards, et plus particulièrement des renardes.tai chi chuan






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Les renardes sont des animaux-esprits la plupart du temps démoniaques qui viennent troubler leurs victimes humaines (souvent de jeunes lettrés) dans le but de voler leur énergie vitale par des relations intimes. On les trouve dans de nombreux récits surnaturels chinois, dès le IIIe siècle de notre ère, avec une apogée sous la dynastie des Tang (VIIe au IXe siècle) et des Qing (XVIIe siècle). Pour une présentation des renardes, voir S. Cruveillé, « Les renardes par l’une d’elle », in Galantes chroniques de renardes enjôleuses, Tatu, A. (trad.), présenté par Kaser, Pierre, Arles : Philippe Picquier, coll. « Le pavillon des corps curieux », 2005, 175p., p.121-132.


Le conte principal que nous allons voir pourrait s’intituler « Rêve d’amour du lettré Luo Huisheng » 羅慧生梦想的爱情 . Il raconte l’histoire de Luo Huisheng 羅慧生, un jeune lettré qui tombe amoureux de la fille de ses voisins. Une renarde rusée en profite pour se métamorphoser sous les traits de la femme aimée et entamer une relation charnelle passionnée avec le jeune homme. Mais elle ne se contrôle pas et tombe enceinte, ce qui la condamne. Elle décide alors d’arranger le mariage de son amant avec la vraie voisine, à qui elle confiera son enfant. A sa mort, son corps sera celui d’une renarde, mais Luo Huisheng l’enterrera quand même avec tout le respect dû à un être humain. Le conte comporte de nombreux passages versifiés qui traduisent les sentiments amoureux des personnages, mais aussi quelques passages érotiques.


Toute la difficulté pour le traducteur est d’employer des termes appropriés qui soient à la fois proches du texte original chinois et qui aient un sens plausible en français.tai chi chuan

En effet, la littérature chinoise classique érotique comporte une série de codes qu’il faut décrypter avant de pouvoir les traduire. On trouve beaucoup d’images, d’allusions érotiques ainsi que des sens cachés qui peuvent induire en erreur un non-initié. L’érotisme dans ce genre de conte est en cela intraduisible qu’il n’a pas d’équivalent en français. C’est un érotisme élégant et imagé. En tant que traducteur, on se pose donc la question : faut-il traduire littéralement, en restant près du texte, au risque d’avoir un rendu hermétique en français, ou bien faut-il trouver des équivalences tout à fait explicites au risque de perdre le côté énigmatique et mystérieux du texte ?tai chi chuan

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Images érotiques


Comment apparaissent les images érotiques dans le texte ? Comment est rendue l’atmosphère érotique ? Les auteurs usent-ils d’inversions, de sous-entendus, de mots évocateurs ? En réalité, ils utilisent toute une série de codes, avec notamment un langage floral ou guerrier au sens très particulier.tai chi chuan

Décors propices aux scènes érotiques


Les récits se déroulent souvent au printemps, période du renouveau, époque propice à l’éveil des sentiments. On parle d’ailleurs dans le langage chinois « d’images de printemps », expression élégante pour désigner des peintures érotiquesfleursetoiseaux, et de « rêves de printemps », lorsqu’on rêve à la personne aimée. Les rêves permettent d’exprimer librement ses attentes et ses désirs. Notre personnage Luo Huisheng fera lui-même un rêve de printemps alors qu’il se trouve isolé dans son pavillon d’études. L’endroit est calme, la nature tranquille, omniprésente et source d’inspiration. Les arbres servent également de symboles amoureux, notamment les peupliers et les mûriers, sous lesquels les amants aiment se rencontrer en secret dans la littérature chinoise. Les pruniers aussi sont importants : ils représentent les amants, leurs fleurs symbolisent l’éveil amoureux et sont, lorsqu’elles s’ouvrent, une invitation à l’acte sexuel.


La traduction à ce niveau reste sobre et proche du texte chinois. La plupart des traducteurs choisissent de ne même pas mettre de notes de bas de page, au risque d’alourdir le texte :tai chi chuan


春日打從方家門首經過,垂楊夾道,門逕蕭疏,見一女子側身立於門首

C’est par un jour de printemps, alors qu’il passait devant la maison des Fang,

qu’il aperçut à travers la haie de peupliers une jeune fille qui se tenait debout

près de l’entrée.

 


這日到書館中伏枕而臥,一念不捨,遂夢至方氏門首,四顧無人,漸漸走

至中庭,只見桃李滿逕,屋宇華麗

La jeune femme l’obnubilait tellement que lorsqu’il s’endormit ce soir-là dans

son cabinet, il rêva qu’il se rendait chez elle : comme il n’y avait personne en

vue, il entra doucement dans la cour centrale, d’où il apercevait le sentier de

pêchers et de pruniers ainsi que la magnifique maison.

 

Description des beautéstai chi chuan


Les images érotiques concernent également les descriptions des femmes aimées ou désirées, avec cette fois un langage floral. On y retrouve les petits pieds bandés, ou « lotus », qui représentent une partie du corps hautement érotique jusqu’à la fin des Qing (partie du corps qu’on ne peut dénuder que face à son amant), des joues comparées à des fleurs de pêchers, pour désigner une peau tendre, délicate et appétissante, des tailles souples comme des rameaux de saule. On trouve des comparaisons avec des montagnes, des arbres, des paysages. Ainsi, dans un poème des Chroniques de l’étrange de Pu Songling, une renarde est décrite comme :tai chi chuan chi chuan


« Belle comme la fleur poudrée du lotus à peine sortie de l’eau, comme la fleur de l’amandier humide de brume. » (Pu Songling, Chroniques de l’étrange, 1999)


Deuxième caractéristique : la symbolique des couleurs. La couleur rouge tout d’abord, couleur quasi universelle de la passion amoureuse et du désir ; la couleur noire, couleur du mystère et de l’envoûtement ; la couleur blanche, en Chine couleur de la mort mais aussi couleur de l’élément féminin yin. Dans notre conte, on trouve les descriptions suivantes :



似香縈蛺蝶。舉體有嫋娜態度,渾身
Elle était telle une vanesse entourée de parfum,
Elle bougeait avec élégance,
Et de tout son corps se dégageait une allure douce et gracieuse.


鬢染雙鴉,顏欺膩雪。湛湛秋水拂明眸,馥馥紅蕖襯兩頰
Des cheveux noirs comme le plumage d’un corbeau,
Une peau plus blanche que la neige.
Ses yeux étaient brillants comme l’eau claire en automne,
Ses joues deux fleurs de lotus au parfum profond.



Attributs érotiques et gestuelle


Les bijoux que portent les grandes séductrices sont souvent en jade, le jade étant une invitation à l’acte sexuel : on dit notamment « tige de jade » pour désigner le membre viril, et « porte de jade » pour désigner le vagin. Le jade est également censé être rempli d’énergie vitale, et c’est un élément qu’on retrouve souvent dans le taoïsme et dans l’art sexuel taoïste. Les femmes feront semblant de paraître timides et confuses, pour ajouter à leur charme. Il arrive également qu’elles brodent, ce qui là aussi a une forte connotation érotique dans la littérature chinoise.


 

女子只得含羞輕移蓮步,慢搖玉曳,緩步而入,深深向羅慧生道個萬福

Alors la jeune fille entra timidement, en secouant lentement les jades de sa ceinture, et

salua avec respect Luo Huisheng.

 

淡妝素服,羞殺調脂傅粉之人

Vêtue de blanc, faiblement maquillée,

La femme parée de ses beaux atours semblait toute confuse ;

 

羅慧生也無心觀看景致,從東軒轉至深閨,恰好女子在房中刺繡

N’ayant aucune intention de regarder le paysage, il se dirigea ensuite vers les

appartements féminins où la jeune fille se trouvait justement en train de broder.

 

 

On peut se demander finalement où est la difficulté pour le traducteur de rendre en français ce genre d’images, puisque la plupart des termes sont traduisibles. La difficulté concerne plutôt le caractère évocateur des termes utilisés. On peut traduire la forme, mais pas le fond, si ce n’est en mettant des notes de bas de page pour avertir le lecteur de tous les sens évocateurs et suggestifs de certains mots et expressions.


Le déroulement du « combat »Chine1


Là encore, pour un non connaisseur, cela peut paraître un peu flou. En effet, les scènes d’amour sont traduites comme des paysages ou comme le déchaînement des éléments naturels. De nombreuses scènes sont décrites sous forme de poèmes. La forme est élégante, métaphorique, tout est dans la suggestion. On retrouve des éléments naturels : les arbres, les fleurs, les nuages et la pluie … Poésie qui prend tout son sens lorsqu’on sait que les nuages représentent les sécrétions vaginales, et la pluie la semence. On parle aussi de « rosée qui perle, et de vent qui souffle dans la vallée ».


Deuxième façon de décrire ce genre de scènes pour un auteur chinois du XVIIe siècle : l’utilisation de termes guerriers. On parle de l’amour comme d’une bataille, avec son champ de guerre, ses adversaires et ses retournements de situation. Cette habitude prend sa source dans la Chine ancienne, avec dès la dynastie des Han (IIe siècle avant J.C), des traités d’alchimie sexuelle où le sexe est étudié comme autant de mouvements militaires sur un champ de guerre, une bataille qu’il faut mener selon des tactiques précises. Mais le tout reste sobre en apparence.


Quelques exemples, dans un conte de Ling Mengchu, L’amour de la renarde :


« La Demoiselle s’y connaissait et semblait mener une guerre d’usure, renversant les

positions. Il ne refusait pas et paraissait insatiable. Il lui arrivait pourtant de redouter

la défaite, mais la jeune femme ne semblait jamais disposée à dormir. »

 

 

Et les amis du lettré de se demander, lorsqu’ils le voient dépérir :

« Mais où a-t-il bien pu dénicher cette fille qui mène un combat aussi prolongé ? »

 

Ou encore :

« Tendre est le corps de la beauté […] mais entre ses reins elle tient l’épée

qui va décapiter l’ignorant. Sans doute les têtes ne roulent pas, mais jusqu’à la moelle

elle vous pourrit. » (Ling Mengchu, L’amour de la renarde, 1988, p.265-285)

 

Quelques exemples dans notre conte :

 

蟾宮此昔謫仙人,夜靜風生幽谷春。

Ce soir, l’immortelle, en exil dans le palais de la lune,

Dans la nuit calme fait se lever le vent printanier sur la vallée tranquille.

 

兩人低低說了幾句知心知趣的話兒,遂攜手入於蘭牀,成其雲雨之事。

Ils échangèrent à voix basse quelques mots doux puis, se prenant par la main,

montèrent sur le lit de magnolia et se livrèrent au jeu des nuages et de la pluie. […/…]


兩人淫興如狂,雙雙攜手,入於幃帳之中。這場風流,非通小可。

Les deux jeunes gens, très excités, se prirent par la main et montèrent sur le lit. La

bataille fut hors du commun…


話說羅慧生與女子顛鸞倒鳳了一夜,那羅慧生就像吃了久戰不泄之丹,係了金槍

不倒之藥的一般,再不泄漏,直到五鼓,方才興闌。

La partie de libertinage dura toute la nuit. C’était comme si Luo Huisheng avait

avalé la pilule de cinabre qui permet les combats prolongés et empêche la lance dorée

de flancher. Il ne laissa rien échapper, et ce jusqu’à la cinquième veille , où son entrain s’épuisa.

 

3. Choix de traduction


La traduction des images érotiques de ce conte passe obligatoirement par des notes d’avertissement, des notes explicatives ou une courte introduction qui renseignent le lecteur français sur le symbolisme de tous les éléments érotiques de ce genre de littérature. La traduction littérale ne pose pas de problème, mais il faut essayer d’y mettre un peu les formes. Le sens n’est pas forcément évident pour tout le monde. Il arrive même souvent que des lecteurs non avertis s’estiment déçus voire trompés après avoir lu certains ouvrages de littérature chinoise présentés comme « érotiques », à cause d’un contenu en apparence classique et sobre. Exemple avec ce dernier poème du conte que nous avons étudié, élégant à la première lecture, qui prendra tout son sens avec les explications précédemment données :


怯怯嬌姿,未諳雲情雨意;纖纖弱質,那禁露折風吹。始初似稚柳籠煙,

在若遠若近之際;


繼之如殘花著雨,在欲低欲墜之間。星眼微嗔,幾番開而復閉;柳腰乍轉

,頃刻定而還搖。絮

絮叨叨,說的是知心知趣之話;翻翻覆覆,做的是快情快意之圖。

 

 

Des gestes timides pleins de délicatesse, ils ne maîtrisaient pas encore l’art des

nuages et de la pluie ;

D’une nature faible et fragile, cela empêchait la rosée de perler et le vent de

souffler.

Au commencement, ils étaient tels deux jeunes saules enveloppés de brume,

entre le proche et le lointain ;

Poursuivant telles deux fleurs fanées sous la pluie, entre un désir faible et

changeant.

Les yeux remplis d’étoiles, légèrement voilés, plusieurs fois ce fut ouvert puis de

nouveau fermé ;

Les saules tournaient et se retournaient brusquement, un bref instant stables

puis de nouveau agités.

Ils se susurraient des mots intimes remplis de délicatesse;

Ils étaient plein d’inconstance, formant un joyeux tableau débordant de

tendresse.

 

 

Rencontre amoureuse

 

Rencontre amoureuse dans un intérieur (18ème)



Pour traduire ce genre de conte, il faut donc arriver à donner une atmosphère érotique à l’ensemble tout en gardant l’élégance du style. Il faudra traduire les descriptions des beautés tout en offrant au lecteur français des portraits esthétiques : par chance, les descriptions de fleurs et de fruits peuvent faire sens aux yeux d’un public français. Enfin, il faudra retranscrire les scènes d’amour en restant fidèle au texte chinois tout en faisant passer au mieux le contenu érotique (souvent caché).tai chi chuan


On peut toujours débattre des choix qui sont faits par les traducteurs français de contes érotiques chinois. Il semble raisonnable d’opter pour une traduction littérale et élégante avec des notes explicatives plutôt que d’adapter grossièrement les images en français. La plupart des traducteurs font le premier choix. Le révérend père Couvreur, de la Compagnie de Jésus, l’un des premiers traducteurs d’ouvrages chinois anciens, est par exemple tombé par hasard dans sa traduction du Livre des Odes (Shijing 诗经, grand classique de la poésie chinoise ancienne) sur un passage évocateur : il a traduit élégamment, en ajoutant quelques fins commentaires en latin. Mais certains pourraient critiquer ces choix et dire que les traductions en français sont de mauvaises traductions, en avançant le fait que finalement, sans explication, le sens réel des expressions ne paraît pas évident au lecteur occidental, alors qu’il l’est la plupart du temps pour un lecteur chinois.tai chi chuan


Pourquoi après tout ne pas traduire à l’occidental, pour avoir des images qui parlent plus au lecteur, au premier coup d’oeil, en utilisant les termes adéquats, sans détour, au lieu de rester dans des images ou des métaphores ? Ce choix s’avère très délicat et à déconseiller, surtout en ce qui concerne les passages érotiques poétiques : on risquerait de perdre tout le côté mystérieux, évocateur et symbolique de la langue chinoise. De plus, ce sont les lettrés chinois eux-mêmes qui ont opté pour ce genre de langage élégant, qu’on retrouve dans les manuels anciens de médecine et de sexologie, réservés à un lectorat lettré. Sans oublier qu’on parlait à l’époque en Chine « d’Art de la chambre à coucher » pour les relations entre amants, sans que cela touche forcément à la pornographie ou au divertissement (cela pouvait être purement médical). Même si aujourd’hui certains écrivains chinois utilisent des termes crus pour les scènes érotiques, à l’époque ce n’était pas le cas, et le traducteur français se doit de respecter le style d’une époque, ainsi que le style d’un certain type de récit.tai chi chuan



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C’était donc ça !

 

Voici quelques titres extraits de la bibliographie savante de l’auteur. On vous recommande chaleureusement le bouquin de Van Gulik (un classique à mettre entre toute les mains) dont nous nous sommes abondamment inspirés pour nourrir notre Principe Vital et celui de Zao Bichen. Et en premier lieu un livre sur lequel a travaillé l’auteur de notre aricle,tai chi chuan


  • Galantes Chroniques de Renardes Enjôleuses (Farce féerique, érotique et morale des Qing, traduite par Aloïs Tatu, présentée et annotée par Pierre Kaser. Suivi de « Les renardes par l’une d’elles » de Solange Cruveillé. Arles : Editions Philippe Picquier, 2005, 167 p.
  • Baldrian-Hussein, 1984, Procédés secrets du Joyau magique, Traité d’Alchimie taoïste du XI° siècle, Paris : Les deux Océans, 322 p.
  • Maspero, Henri, 1937, Les procédés de nourrir le Principe Vital, Journal asiatique.
  • Needham, Joseph, 1954, l’Alchimie sexuelle du Tao : science et civilisation en Chine, Université de Cambridge.
  • Van Gulik, Robert, 1971, La vie sexuelle dans la Chine ancienne, Evrard Louis (trad.), Paris : Gallimard, 469 pages.
  • Zao Bichen, (1995) 2000, Traité d’alchimie et de physiologie taoïste,
  • DESPEUX, Catherine (trad.). Présentation et traduction annotée du Weisheng shenglixu emingzhi ; La Chambre Jaune sans mystère – renforcer sa virilité selon la tradition chinoise, Paris : You Feng.


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