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Aikido Tai Chi Yoga Capoeira Pilapes Kempo Bruxelles / Pêche au cormoran en Chine

 

Tai Chi Chuan Bruxelles / Pêche en chine 2

 

 

Voici des extraits de récits de voyageurs en Chine au 19ème. Deux textes qui traitent de la pêche au Cormoran, chose assez particulère, assez proche de la fauconnerie. Cette usage fut d’ailleurs également pratiquée en Europe, sans doute importée de Chine.

 

Le premier extrait est issus des « Aventures de Robert FORTUNE dans ses VOYAGES EN CHINE à la recherche des fleurs et du thé (1812-1880). N’est ce pas merveilleux!

 

Robert Fortune possédait ce dont le manque semble nous entraîner vers la fin en ce début du 21ème s : la curiosité, l’audace, la vigueur du désir. Il avait, ma fois, un bien beau nom. Aujourd’hui la fortune n’est plus qu’un tat d’or ou d’actions dont la seule jouissance se résume à la fréquentation de spas insipides et de plages hors-monde au Maldives.

 

Robert Fortune avait choisi de faire confiance à la sienne dans le monde pour en ramener des plantes et des fleurs qu’il avait supposé merveilleuses. Il en a profité pour raconter ses périples et c’est passionnant.

 

Le deuxième extrait est issu des « Souvenirs d’un collectionneur, LA CHINE INCONNUE, par Maurice JAMETEL (1856-1889) Élève diplômé de l’École des Langues Orientales Vivantes. Aikido Tai Chi Yoga

 

 

 

Tai Chi Chuan Bruxelles / pêche en Chine 2

 

 

De Robert Fortune…

 

M. Robert Fortune n’était attiré dans le Céleste Empire, ni par l’ambitieuse idée d’une grande affaire commerciale, ni par le désir de faire faire à la science quelque nouveau progrès…. son voyage avait un but beaucoup plus simple et d’un attrait à la fois aimable et gracieux : M. Robert Fortune allait en Chine, à recherche des fleurs…. Robert Fortune a….fait deux voyages en Chine le premier en 1843 il explora alors cette contrée pendant près de trois ans, au point de vue de la botanique et de l’horticulture et, de retour en Angleterre, il publia la relation de son voyage sous le titre de « Trois années d’excursions dans les provinces du nord de la Chine « .

 

En 1848, il en entreprit un second voyage, d’après les instructions qui lui avaient été données par le bureau de la Compagnie des Indes il devait rechercher en Chine tout ce qui se rapporte à la culture de l’arbre à thé, ainsi que la préparation du thé. Il consacra deux années a cette nouvelle exploration et en publia la relation en 1852 sous le titre de « Les contrées à thé de l’Inde et de la Chine » Aikido Tai Chi Yoga .

 

 

Les côtes, les rivières et les eaux de la Chine sont peut-être les plus poissonneuses du monde, et à coup sûr les Chinois sont les plus grands pêcheurs que je connaisse. Il n’est pas de manière de prendre le poisson qu’ils n’aient apprise ou inventée, et surtout qu’ils ne pratiquent. La plus singulière de toutes leurs pèches est celle qu’ils font avec une espèce de grand cormoran qu’ils savent dresser à cet usage. Aikido Tai Chi Yoga

Ce sont certainement des animaux merveilleux. J’en ai souvent rencontré sur les lacs et sur les canaux dans l’intérieur du pays, et, si je n’avais pas pu juger par moi-même de leur docilité extraordinaire, j’aurais eu certainement beaucoup de peine à croire ce que les auteurs en racontent. La première fois que j’assistai à cette pêche, ce fut à quelques milles de Ning-Po, sur un canal qui devait me conduire à une pagode célèbre de l’intérieur. Aikido Tai Chi Yoga

Tai Chi Bruxelles /Peche-au-cormoran-lac-erhai

La pêche se faisait avec deux bateaux contenant chacun un homme et une douzaine d’oiseaux. Ils étaient perchés sur le bord de la petite embarcation, attendant le signal de leurs maîtres. Dès qu’il fut donné, ils se lancèrent ensemble à l’eau et commencèrent immédiatement leurs recherches. Ces animaux ont l’œil d’un beau vert de mer, rapide comme l’éclair ; ils voient le poisson et plongent à de grandes profondeurs ; une fois saisie par leur bec coupant et crochu, leur proie ne peut plus leur échapper. Le cormoran revient alors à la surface et, dès qu’il est aperçu, on le rappelle au bateau. Aussi docile qu’un chien, il rapporte au maître et rentre dans le bateau, où il dégorge sa proie pour recommencer aussitôt son travail.

 

Ce qui est bien plus étonnant encore, c’est que, lorsqu’il arrive qu’un cormoran attaque un gros poisson, assez gros pour qu’il lui soit difficile de le rapporter à lui tout seul au bateau, un ou deux de ses camarades arrivent aussitôt à son secours, et tous unissent leurs efforts pour prendre le poisson et le ramener. Aikido Tai Chi Yoga

Lorsqu’il arrive à l’un de ces pêcheurs d’oublier le travail, de faire le paresseux, de jouer, de nager sans faire attention à son devoir, le Chinois qui les garde et qui est armé d’un long bambou frappe l’eau à côté du délinquant, mais sans le toucher, et lui adresse quelques mots d’un ton de reproche et de colère. Aussitôt, comme l’écolier surpris par son maître à faire quelque malice, le cormoran abandonne son jeu et se remet au travail. Aikido Tai Chi Yoga

 

On passe un petit anneau au cou de ces oiseaux pour les empêcher d’avaler le poisson qu’ils prennent ; mais on a grand soin de faire en sorte que cet anneau ne puisse pas changer de place et étrangler l’animal, ce qui doit cependant arriver quelquefois. Le prix d’une paire de cormorans bien dressés est assez élevé, il monte à quarante ou cinquante francs. Aikido Tai Chi Yoga

 

De Maurice Jametel…

 

Tai Chi Bruxelles / CormoranLes Chinois appellent le cormoran Yu-ing, c’est-à-dire faucon à poisson, et ils prétendent que la province du Tché-Kian produit ceux qui sont les plus faciles à dresser. Ils recueillent avec soin les œufs de la première ponte des cormorans femelles, qui a lieu ordinairement au mois de février, et ils les font couver par des poules, le cormoran ayant, disent-ils, un amour maternel fort peu développé. Les jeunes sortent de leurs coquilles, après un mois d’incubation, dans un état de faiblesse telle qu’ils ne peuvent se tenir sur leurs pattes et que la moindre atteinte du froid suffît pour les tuer. Pour cette raison, ils sont, dès leur naissance, placés dans des paniers garnis de ouate, dont la température est maintenue assez élevée au moyen de la chaleur artificielle. On les y nourrit à l’aide de pilules faites de gousses de haricots et de chair d’anguille finement hachée.

 

Un mois après leur naissance, les jeunes cormorans commencent à se couvrir de plumes, et ils sont alors nourris seulement avec de la chair d’anguille. Enfin, à la fin du second mois, on se met à les nourrir avec des petits poissons qu’on leur jette, sans leur faire subir aucune préparation. A ce moment, ils valent déjà sur le marché 25 francs environ la paire. Dès que les jeunes cormorans ont achevé leur croissance, c’est-à-dire cinq mois environ après leur naissance, on leur attache à la patte une ficelle dont l’autre extrémité est fixée sur un piquet, au bord d’un cours d’eau ou d’un étang. Le dresseur les pousse alors à l’eau avec un bâton, tout en sifflant un air qui devient pour les jeunes animaux le signal « de la mise à l’eau ». Il leur jette alors de petits poissons sur lesquels ils s’élancent avec d’autant plus de voracité que, pendant toute la durée du dressage, on leur donne fort peu de nourriture. Ensuite le dresseur, se met à siffler un autre air, qui est pour le cormoran le signal de « la retraite » ; et, pour le leur faire comprendre, en même temps qu’il siffle, il tire sur les ficelles qui sont attachées à leurs pattes, ce qui les force à revenir à terre.

 

Après deux ou trois mois de semblables leçons, répétées chaque jour plusieurs fois, on peut commencer à les exercer sur un bateau de la même manière que sur terre : ce n’est qu’après une autre période d’un mois d’exercice sur une embarcation que les jeunes cormorans peuvent pêcher sans le secours de la ficelle. Cependant il existe parmi les cormorans, comme parmi les hommes, des êtres plus ou moins doués. Ainsi il en est qui savent fort bien pêcher avant les deux mois d’entraînement, tandis que d’autres au contraire sont incapable de pêcher, même après cette période, et sont condamnés à aller finir leur existence dans le pot-au-feu du dresseur. Les sujets qui ont achevé leur éducation valent en général 30 à 35 francs la pièce, lorsqu’ils sont mâles, la femelle ayant toujours une moins grande valeur, parce qu’elle est plus faible et pêche par conséquent beaucoup moins vite.

 

Les cormorans dressés sont employés sur les bateaux. Tous les matins on leur sert un très maigre repas de poissons, et, après qu’ils ont mangé, on entoure la naissance de leur cou d’un collier de chanvre ; puis on les fait pêcher pendant toute la durée de la journée, en divisant leur temps en périodes de trois heures de travail, séparées par une heure de repos. Le soir venu, le maître détache les colliers de chanvre de ses employés, et se met à les gaver. Pour cela faire, il introduit de force dans leur bec une poignée de petits poissons, une grosse pilule de gousses de haricots, puis, une autre poignée de petits poissons, et ainsi de suite, en ayant soin de pousser tout cela dans le gosier de l’animal aussi loin que possible à l’aide de la main.

 

Les pauvres cormorans ne peuvent malheureusement servir leur maître que pendant un nombre d’années fort restreint ; dès leur quatrième année, ils commencent à perdre leur plumage, ce qui annonce le commencement de leur vieillesse, car ils meurent presque toujours avant six ans. Cette mort prématurée tient-elle au régime auquel ils sont condamnés, ou bien vient-elle d’une loi inexorable de la nature qui condamne toute chose utile à n’avoir qu’une existence fort courte ? C’est ce qu’il m’a été impossible de savoir ; les Chinois, fort peu observateurs de leur nature, n’ayant pu me fournir aucun renseignement au sujet de la longévité des cormorans qui vivent à l’état sauvage.

 

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