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Tai Chi Chuan Bruxelles / Histoire du Tai Chi Chuan (3) Le Taoïsme 

 

Tai Chi Chuan Bruxelles / moine taoïste 1

 

Taöiste (Chine, vers 1920)

 

Tai Chi Chuan à Bruxelles / Taoïsme

Parmi les nombreuses écoles philosophiques de la Chine pré-impériale, il est vain de chercher une école « taoïste ».   Le Dao [Tao], c’est-à-dire le Principe régulateur de l’Univers, et par extension le système absolu de la perfection en toute chose, était un sujet de spéculation commun à tous les penseurs de la Chine ancienne et non l’apanage exclusif des mystiques auxquels, par la suite, on a donné le nom de taoïstes. Le terme de taoïsme s’est d’abord appliqué (206 av.- 9 apr. J.-C.) à posteriori aux écrits de certains mystiques de la Chine antique.

Tai Chi Chuan

On les connaît essentiellement par deux ouvrages : le Daode jing (Tao Tö King), livre du Dao et de son action (Tö) attribué à Laozi (Lao Tseu), et le Zhuangzi par l’auteur de ce nom. Un troisième ouvrage, le Liezi (Lie tseu), n’est aujourd’hui connu que dans une version remaniée du IVe siècle AP. Dans ces ouvrages, la notion de Dao prend un sens particulier qui fonde un système : le Principe ultime y trouve la qualité de « ziran » : « ainsi qu’il est par lui-même », donc tel quel, spontané. La liberté et l’autonomie s’obtiennent en épousant entièrement le grand mouvement naturel de l’univers. C’est là le vrai Dao : principe, fonction et voie de salut. Cette thèse se développe en opposition aux structures culturelles telles qu’elles sont représentées par l’état féodal ainsi qu’aux préceptes moraux du confucianisme naissant.

 

Dans le Huainanzi (Houai nan tseu, compilation de texte « taoïstes » datant de 122 ap, lire extrait en suvant le lien), la théorie de la connaissance issue du Zhuangzi (Tchouang Tseu) y apparait clairement en opposition au déterminisme confucéen (« les choses doivent correspondre aux noms »). Le Dao correspond plutôt à une suite cyclique et à des systèmes de correspondances. C’est en s’assimilant à cette raison naturelle que l’on « obtient le Dao », c’est-à-dire qu’on devient un Tchen jen, un homme vrai, un immortel, saint taoïste (disons en passant que ce travail n’est pas l’apanage des hommes et que toutes les pratiques étaient accessibles au femmes pour qu’elles deviennent, elles aussi, des immortelles).

tai chi chuan

La sainteté, c’est donc aussi une technique ; on peut « apprendre le Dao », par exemple par des techniques de longue vie, qui furent multiples : respiration embryonnaire,pratiques sexuelles, alchimie intérieure et extérieure, diététique (ex: abstinence de céréales qui étaient considérés comme nourrissant les « Trois Vers » ou les « Trois Cadavres » à l’intérieur du corps humain à l’origine de la décrépitude et de la mort),  absorption de drogues végétales (le champignon de l’Immortalité ; les graines du pin, arbre toujours vert) et minérales, que les adeptes recueillaient au cours de leurs randonnées lointaines dans les montagnes, auto crémation, c’est-à-dire transmutation par le feu, gymnastique alliée aux pratiques respiratoires (dont le Tai Chi Chuan se réclame),  procédés magiques, astrologiques, etc.

tai chi chuan

Mais comme le dit Marcel Granet le saint taoïste n’est que vie. Il ne pratique pas l’ascèse corporelle, le jeûne et autres mortifications, mais s’adonne au contraire à des pratiques vivifiantes. Le retour à l’état complet, l’union avec l’Un (c’est-à-dire le Dao que l’on peut nommer Mère des dix mille êtres), se réalise par l’extase. L’ataraxie complète, le wu wei, est une transe par laquelle on retrouve l’unité originelle.

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Zhuangzi raconte comment Confucius, étant allé rendre visite au Vieux Maître (Lao Tseu), le trouva assis immobile et ravi en extase. Quand il fut revenu à lui, il dit : « Je m’ébattais dans l’origine des choses. »

 

 

 

 

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